Les fêtes de fin d’année approchent et il sera donc bientôt l’heure de prendre de bonnes résolutions.
Certains d’entre vous n’arrivent pas à se décider sur les changements à mettre en place en 2026. Et si cette année, on pensait à améliorer sa santé périnéale ?
Parmi les bonnes résolutions généralement évoquées, l’initiation d’une activité sportive régulière est souvent dans le « top 5 ». Mais, comment le sport pourrait améliorer notre périnée… ?
Tout d’abord, les actualités vous pèsent ? Vos conditions de travail se détériorent ? Votre charge mentale augmente ? Tout cela augmente significativement votre stress au quotidien ?… Le stress et les syndromes anxiodépressifs sont fortement associés aux pathologies digestives et anorectales, notamment la maladie hémorroidaire (Yazkan C et al, Frontiers in surgery 2025) ou dans le syndrome de l’intestin irritable (Hasan ABMN et al, PLOS Glob Public Health 2025 ; Marano G et al, Life 2025). Ce stress altère donc de manière directe ou indirecte votre santé digestive en plus de votre santé mentale. Faites donc d’une pierre deux coups en vous inscrivant dans un club sportif, vous améliorerez indirectement votre santé anale en améliorant votre santé mentale et votre estime de soi (Ju H et al, Percept Mot Skills 2023 ; Harwood-Gross A et al, Front Pediatr 2021 ; Pujari V, J Pharm Bioallied Sci 2024).
Indirectement seulement ? Pas sûr, en effet, l’exercice physique pourrait améliorer directement votre microbiote intestinal et ainsi réduire les symptômes liés à syndrome de l’intestin irritable (Li C, Nutrients 2024). Par ailleurs, les modes de vie sédentaire sont associés au développement de nombreuses pathologies digestives telles que la maladie diverticulaire ou le syndrome de l’intestin irritable et même des MICI (Chen J et al, Lancet 2024), alors ne vous privez pas !
Ne pas se priver ? Oui mais, les plus « up to date » d’entre vous diront que Romano L et al. ont publié cette année une enquête auprès d’athlètes de haut niveau et rapportent que le sport pourrait être délétère pour la santé anale en étant intimement lié à l’apparition ou à l’aggravation de la maladie hémorroïdaire (Romano L, Int J Colorectal Dis 2025). Alors là je dis oui ! En effet ! Mais deux éléments de cette littérature m’interpellent… Bon… D’accord on peut passer sur le fait que seules 312 personnes ont participé au sondage et que donc peut être que la reproductibilité n’est pas certaines. Mais quand on me dit que le sondage concerne des athlètes (de haut niveau), alors là je me dis que je ne suis certainement pas concerné par les résultats de ce sondage… Surtout quand je regarde la classification de ma licence qui me classe dans la catégorie des « vétérans »… Mais bon, je dis ça, je ne dis rien…
Quoi qu’il en soit, s’il en est qui ne sont pas convaincus de l’innocuité du sport pour notre périnée, nous ne résistons pas à l’idée de vous offrir en avant-première un accès illimité à la conférence « sport et périnée » présentée par le Pr Brochard lors des dernières journées de la SNFCP et qui, peut-être, vous convaincra plus aisément que ces quelques lignes (sauf à envisager que votre bonne résolution ne se dirige vers l’inscription auprès de la fédération française de trampoline acrobatique…).
Nous le savons, 90 % d’entre vous lirons ce texte (et peut être la vidéo) à partir d’un smartphone… Ce que nous savons moins, même si la littérature l’estime à environ 40-60%, c’est le nombre d’entre vous qui nous lirons confortablement assis sur les toilettes (attention quand même la vidéo dure 17 minutes – attention au lever après avoir comprimé le nerf sciatique…). 2026 est peut-être l’année de l’abandon de cette habitude (de lire aux toilettes hein… ! pas de lire LaRevue ou le site de la SNFCP). En effet, cette habitude courante est mauvaise pour notre santé anale puisqu’elle augmente de 43% le risque de développer une maladie hémorroïdaire (Ramprasad C et al, Plos One 2025), notamment chez les plus jeunes. Nous passons déjà environ 3h30 par jour sur le smartphone, peut être que ces quelques minutes passées sur les toilettes peuvent être utilisées pour méditer (ndlr notice trouvable en tapant « méditer aux toilettes » dans votre moteur de recherche) sur la condition humaine ou sur la meilleure façon de positionner le rouleau de papier toilette sur le portant (on déroule par l’avant ou par l’arrière ??) – à vous de choisir.
On ne sait pas si le comité de rédaction de LaRevue et le comité du site de la SNFCP arriveront à tenir leurs bonnes résolutions. Mais ce que l’on sait c’est qu’ils continueront à vous accompagner toute l’année pour vous tenir informés des nouveautés (ou des anciennetés) mais aussi pour maintenir du lien avec vous et les nouvelles générations. Le lien, les interactions sociales restent l’essence de notre belle profession. La collaboration interprofessionnelle améliorent la qualité de nos soins (Martin JS et al, Swiss Med Wkly 2010 ; Labrague LJ et al, J Nurse Manag 2021) et la qualité de notre vie au travail (Brunault P et al, West J Nurse Res 2014)… Et donc si vous avez bien suivi, notre santé anale…
Alors que vous nous lisiez aux toilettes, dans le bus, dans votre canapé ou dans la file d’attente pour accéder à votre machine préférée au club de sport, nous vous souhaitons de très belles fêtes de fin d’année ! Nous vous souhaitons par anticipation, une belle année et une bonne santé… mentale et anale !