Structured Exercise after Adjuvant Chemotherapy for Colon Cancer
Courneya KS, Vardy JL, O’Callaghan CJ, Gill S, Friedenreich CM, Wong RKS, Dhillon HM, Coyle V, Chua NS, Jonker DJ, Beale PJ, Haider K, Tang PA, Bonaventura T, Wong R, Lim HJ, Burge ME, Hubay S, Sanatani M, Campbell KL, Arthuso FZ, Turner J, Meyer RM, Brundage M, O’Brien P, Tu D, Booth CM; CHALLENGE Investigators
N Engl J Med 2025 Jun 1.
Mots clés
Cancer, sport, survie
Appréciation

Il y a parfois des lectures éclairantes et limpides, et dans le domaine des articles scientifiques, ce n’est pas si fréquent ! Mais cette fois, c’est bien le cas. Cette étude est à la fois simple, rigoureuse sur le plan méthodologique (un exemple en la matière !) et va changer nos pratiques et parcours de soins.
L’idée est simple : démontrer qu’entretenir une activité physique après le traitement adjuvant d’un cancer du côlon de stade 3 et suivie pendant 3 ans réduit la mortalité et le nombre de récidive après 3 ans.
L’initiative est canadienne, l’université d’Edmonton (le Canada est très avant-gardiste dans l’organisation de l’activité physique avec leurs « universités du mouvement ») et inclus 889 patients dans 55 centres entre 2009 et 2024 (Royaume-Uni, Australie et Canada). Tous pris en charge et opérés d’un cancer du côlon de stade 3, ils ont reçu en adjuvant une chimiothérapie, et étaient inclus entre 2 et 6 mois après la fin de la chimiothérapie. Ils étaient alors randomisés en 2 groupes, dont un recevait des recommandations de pratique d’une l’activité physique régulière selon les recommandations OMS, l’autre groupe était soumis à un programme structuré de coaching physique pendant une durée de 3 ans. Le suivi oncologique se faisait selon les recommandations actuelles. Leur objectif principal était de montrer une amélioration de la survie sans récidive à 5 ans. Les 2 groupes étaient bien comparables, avec un effectif de plus 440 patients dans chaque bras.
Les résultats sont sans discussion : être soumis à un programme d’activité physique réduit le risque de récidive à 5 ans. On frôle les 30% ! Au terme d’un suivi moyen de 8 ans, le bénéfice en termes de survie est aussi amélioré. Ce constat n’est pas très étonnant car la mortalité hors cancer tire aussi bénéfice de cet exercice physique. Bon le prix à payer pour ce bénéfice, se résume à quelques menus troubles musculo-squelettiques liés au sport (interprétez quelques tendinites… quand même 19%, mais aisément soulagés par des exercices adaptés). Avouez quand même que ces effets secondaires sont limités au regard de ceux qu’infligent chirurgie et chimiothérapie !
Bref, cet article démontre ce que nous pensions tous, et ajoute à la longue liste des bienfaits de l’activité physique en oncologie le cancer du côlon !
Allez, je vous laisse pour enfiler mes baskets, et j’espère que je serai celui…
À suivre…