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Interview des Drs Amine Antonin Alam et Francesco Esposito, animateurs de l’atelier « Utilisation du laser en proctologie » lors des Journées de Colo-proctologie de la SNFCP

Lors des prochaines Journées de Coloproctologie à Marseille, vous proposez un atelier de formation sur les techniques laser mini-invasives en proctologie.
Quel en sera le contenu ? Quelles pathologies proctologiques peuvent être traitées par laser ?

Dr. Amine Alam : J’aurai le plaisir d’aborder le thème du laser en chirurgie proctologique avec mon collègue Francesco lors des ateliers qui auront lieu à Marseille lors des Journées de Coloproctologie. Il s’agit d’une technique mini-invasive qui a progressivement gagné du terrain au cours de ces dernières années. Les principales pathologies proctologiques sont les hémorroïdes, les fistules anales et le kyste pilonidal.

Docteur Alam, vous avez pris part à plusieurs études sur les techniques SiLaC (sinus pilonidal) et FiLaC (fistules anales) et vous avez tout récemment participé à la conception des Recommandations pour les techniques FiLaC et LHP (hemorroidoplastie laser). En quoi ces techniques sont-elles devenues aussi populaires? Diriez-vous qu’elles font désormais partie de l’arsenal thérapeutique en proctologie chirurgicale ?

Le service de proctologie médico-chirurgicale de St Joseph a été l’un des premiers en France à utiliser ces techniques mini-invasives. J’ai eu la chance de me former à utiliser le laser dans différentes indications chirurgicales, et le changement le plus radical concerne surtout la prise en charge du kyste pilonidal. En fait, le laser occupe actuellement un rôle prépondérant dans cette prise en charge en particulier. Le laser constitue une technique d’épargne sphinctérienne largement utilisée pour les fistules anales, en particulier pour les fistules qui sont complexes. La pathologie hémorroïdaire est aussi une indication du laser, notamment pour les hémorroïdes de grades 2 et 3. Il faut toutefois souligner que la pratique du laser reste très hétérogène selon les équipes, d’où l’importance d’élaborer des recommandations cliniques très pratiques afin d’harmoniser son utilisation. J’ai eu l’honneur récemment de participer, avec la Société Internationale de Laser en Proctologie (ISOLP), à l’élaboration de recommandations sur les fistules anales et les hémorroïdes, et un travail sera bientôt engagé pour établir des recommandations concernant le kyste pilonidal. Enfin, je peux affirmer que le laser figure dans l’algorithme thérapeutique de la prise en charge des pathologies proctologiques, que ce soit pour les hémorroïdes, les fistules anales mais aussi le kyste pilonidal. Il existe également d’autres applications que nous évoquerons au cours de l’atelier en novembre 2025.

Les techniques mini-invasives sont à mon sens indispensables. Il convient d’être aussi peu invasif que possible tout en restant aussi efficace que nécessaire.

Docteur Esposito, vous pratiquez ces techniques laser mini-invasives depuis à présent plus de 2 ans. Quels sont les résultats, taux de réussite/ récidives, et quels sont les retours de satisfaction de vos patients ?

Dr. Francesco Esposito : Cela fait désormais 2 ans et demi que j’ai lancé un projet de laser en proctologie au sein de mon établissement, l’Hôpital de l’Est Francilien, après un formation à l’Hôpital St Joseph. Je dois dire que cela a été un véritable succès, aussi bien sur le plan clinique que sur le plan de la satisfaction des patients. En ce qui concerne le sinus pilonidal, nous sommes désormais à plus de 250 malades opérés, avec un taux de réussite à 90%, le taux de récidive est donc en alignement avec ce qui est rapporté dans la littérature (entre 5 et 15%). Mais au-delà des chiffres, le plus important est vraiment la satisfaction des patients qui sont très heureux parce qu’ils ont moins de douleurs post-opératoires, une reprise de l’activité beaucoup plus rapide et un résultat esthétique non négligeable. En ce qui concerne les hémorroïdes, nous sommes à un taux de 7% de récidives sur les hémorroïdes de grades 2 et 3. Ce taux peut monter jusqu’à 50% pour les hémorroïdes de grade 4, c’est pourquoi il est important de bien sélectionner les patients. Comme pour le sinus pilonidal, les patients sont très satisfaits, car ils ont moins de douleurs post-opératoires, une reprise de l’activité plus rapide et moins de complications post-opératoires. Enfin, pour les fistules anales, les résultats sont plus controversés, nous avons néanmoins un taux de réussite de 60% qui est tout de même non négligeable compte tenu de la complexité de la pathologie. Bien évidemment, ce qui est très important avec cette technique, c’est la personnalisation du traitement au patient, et l’expérience du chirurgien.

Pour plus de détails, rejoignez-nous à l’Atelier Laser en Proctologie !

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