Diplôme inter-universitaire – Proctologie médicochirurgicale – Fiche numéro 9
La fissure anale, définie comme une ulcération de l’anoderme, est le deuxième motif de consultation pour douleur anale.
Elle peut être invalidante en raison de la douleur intense qu’elle peut provoquer et de sa tendance à récidiver.
Son diagnostic, simple, repose sur un interrogatoire précis et une inspection prudente, recherchant un syndrome fissuraire. Le plus souvent située en marginal postérieur, la présence d’éléments satellites péri-fissuraires (annexes tels une papille anale ou un capuchon cutané mariscal) témoigne de la chronicité de la fissure.
L’examen clinique doit être doux, le moins douloureux possible, un toucher anal, si possible, permettra de noter une éventuelle hypertonie. L’anuscopie doit être évitée, pouvant toujours être réalisée à distance si la douleur le permet. Une consultation de contrôle à 6 à 8 semaines doit s’assurer de sa cicatrisation. La présence d’une fissure latérale ou atypique par son aspect impose d’éliminer un diagnostic différentiel, notamment une origine infectieuse (IST), inflammatoire (maladie de Crohn) ou tumorales.
La compréhension de la physiopathologie de la fissure anale est essentielle pour une prise en charge optimale. Le traitement est essentiellement médical associant une régulation du transit (à poursuivre au long cours), des antalgiques et des agents cicatrisants (spécifiques ou non). En cas d’échec du traitement médical bien conduit ou d’une fissure hyperalgique voire infectée, le traitement sera alors chirurgical. Les techniques opératoires possibles sont la fissurectomie ou la sphinctérotomie latérale interne, en fonction des facteurs de risque de trouble de la continence anale.