
O-FP 001: Randomized controlled trial comparing laser versus glue techniques in the treatment of high trans-sphincteric fistula-in-ano
B. Hassan (UK)
Laser vs colle dans les fistules trans-sphinctériennes hautes : deux techniques mini-invasives, deux profils opposés !
Cet essai contrôlé randomisé monocentrique a comparé le laser (n=38) à la colle (n=34) dans le traitement de 72 fistules anales trans-sphinctériennes hautes.
- Infections : tendance plus élevée avec le laser
- Douleur : significativement plus fréquente avec la colle
- Récidives : plus fréquentes avec le laser
- Saignements et incontinence : similaires dans les deux groupes
Ces résultats suggèrent que le laser et la colle ont des profils de tolérance et d’efficacité différents, et qu’aucune des deux techniques ne s’impose actuellement comme référence. Des études de plus grande ampleur sont nécessaires pour définir leur place dans la prise en charge des fistules complexes.
O-FP 065: Evaluation of holmium laser as an alternative treatment for pilonidal sinus: PILOLAS Study
B. Darnis (France)
Le laser Holmium, une alternative décevante au laser 1470 nm pour le sinus pilonidal !
Cette étude rétrospective portant sur 227 patients traités par laser Holmium pour un kyste pilonidal entre 2020 et 2021 visait à évaluer ses performances comparées au laser diode 1470 nm.
- Taux de cicatrisation à 1 mois : 90,7 % (médiane : 21 jours)
- Douleurs postopératoires dans 44,9 % des cas, surtout chez les femmes de petit gabarit
- Infections du site opératoire : 15,9 %
- Récidive : 17,2 %, surtout pour les kystes de type 3
Bien que les taux de cicatrisation soient comparables à ceux du laser 1470 nm, cette technique est associée à davantage de douleurs et de complications, suggérant qu’elle ne constitue pas une alternative optimale au laser diode 1470 nm dans le traitement du sinus pilonidal.
O-FP 066: Topical nifedipine for post haemorrhoidectomy pain relief: A multi-centre, randomised, prospective, double-blind placebo trial
C. Steen (Australie)
La nifédipine topique réduit significativement la douleur post-hémorroïdectomie !
Les douleurs après hémorroïdectomie sont souvent liées à une fissure anale ou à un spasme du sphincter interne. La nifédipine topique, un inhibiteur calcique favorisant la relaxation sphinctérienne, pourrait atténuer ces douleurs.
Une étude multicentrique randomisée en double aveugle a inclus 60 patients et comparé nifédipine vs placebo.
Les scores EVA étaient significativement plus bas sous nifédipine :
- J3 : 4,40 vs 6,57 (p=0,040)
- J4 : 4,20 vs 6,36 (p=0,021)
- J5 : 3,10 vs 5,46 (p=0,017)
- Semaine 3 : 1,20 vs 2,50 (p=0,042)
- Semaine 4 : 0,50 vs 2,00 (p=0,012)
La tolérance a été excellente, sans différence sur les complications chirurgicales, les effets secondaires ou l’usage d’antalgiques.
La nifédipine topique apparaît ainsi comme une option simple, bien tolérée et efficace pour réduire la douleur post-hémorroïdectomie.
O-FP 064: Intrarectal injections of botulinum toxin for the treatment of urge fecal incontinence: Long-term results of an FI-Toxin cohort study
C. Desprez (France)
Injections répétées de toxine botulinique intrarectale : une efficacité modérée mais bien tolérée à long terme !
Cette étude de suivi en vie réelle a évalué l’efficacité à long terme des injections répétées de toxine botulinique A (BoNT/A) chez des patients ayant participé à l’essai randomisé FI-TOXIN pour incontinence fécale par urgences.
- 147 des 191 patients initiaux ont été inclus
- Nombre moyen de réinjections : 1,1 par patient
- Amélioration significative de la sévérité des symptômes après réinjections
- Taux de satisfaction : 61 %
- Échec du traitement : 35 %, avec 15 % de recours secondaire à la chirurgie
- Effets indésirables mineurs : 11,7 %
Avec un suivi de 48 mois, cette étude constitue le plus long suivi publié à ce jour et montre que les injections intrarectales de BoNT/A conservent une efficacité modérée et une bonne tolérance, pouvant représenter une option thérapeutique avant le recours à la chirurgie.
EP 009: Autologous fat injection versus allogeneic mesenchymal stem cells for the treatment of complex perianal fistulas in patients with Crohn’s Disease (CHAzAM): A prospective comparative study
C. Danger (France)
Tissu adipeux autologue : une alternative possible aux cellules souches allogéniques dans les fistules anales complexes de Crohn !
Cette étude prospective a comparé les injections de tissu adipeux autologue (TAO) aux injections de cellules souches mésenchymateuses allogéniques (CSM) chez 22 patients atteints de fistules anopérinéales complexes de Crohn persistantes sous biothérapie et après drainage par séton.
- 10 patients ont reçu des CSM, 12 du TAO
- Succès clinique à 6 mois : 50 % avec TAO vs 30 % avec CSM (p=0,67)
- Cicatrisation radiologique : 50 % avec TAO vs 10 % avec CSM (p=0,07)
- À 17 mois de suivi médian, la guérison clinique et radiologique était maintenue chez 5/6 patients TAO guéris initialement
Malgré un effectif limité et l’absence de randomisation, Le TAO apparaît comme une alternative potentielle aux CSM pour la prise en charge des fistules complexes de Crohn sous biothérapie, mais des études à plus large échelle sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
O-SB 013: Local excision with selective use of reduced dose postoperative chemoradiotherapy in early stage anal cancer: short term results of the phase II PLATO-ACT3 non-randomised trial ISRCTN88455282
AG. Renehan (UK)
Résection locale avec radiochimiothérapie sélective : une stratégie prometteuse et bien tolérée dans les cancers anaux précoces !
L’essai prospectif multicentrique ACT3 (plateforme PLATO) a évalué une stratégie de résection locale (RL) suivie d’une radiochimiothérapie (RCT) uniquement en cas de marges ≤ 1 mm chez des patients atteints de cancer épidermoïde anal superficiel de stade T1N0M0.
- 83 patients inclus (71 % de femmes, âge médian 59 ans)
- 39 ont reçu uniquement une RL et 44 une résection locale suivie d’une RCT
- Très bonne observance du traitement : seulement 2,3 % d’interruptions de radiothérapie
- Toxicités de grade 3 chez 18,6 % des patients ayant reçu la RCT
- Les altérations de qualité de vie observées en fin de RCTétaient transitoires et revenues à la normale à 6 mois
- À 6 mois, la qualité de vie était comparable dans les deux groupes (RL seule vs RL+RCT)
Cette stratégie sélective semble donc faisable et bien tolérée, sans impact durable sur la qualité de vie, et pourrait représenter une alternative intéressante à des traitements plus agressifs dans les cancers anaux précoces, en attendant les résultats de contrôle loco-régional à 3 ans.
O-FP 069: Optimal dosing and injection location of botulinum toxin for sustained healing of chronic anal fissure: A systematic review and meta-analysis
M. Flaherty (Nouvelle Zélande)
Toxine botulique dans la fissure anale chronique : mieux vaut une dose modérée qu’une dose élevée !
Cette méta-analyse regroupant 18 essais randomisés (758 patients, suivi moyen de 94 semaines) a évalué l’efficacité et la tolérance de la toxine botulique dans le traitement des fissures anales chroniques.
Les résultats montrent que :
- Les injections de 20 à 49 unités dans le sphincter interne (en position latérale ou médiane) permettent une cicatrisation durable dans 60 à 70 % des cas, avec un faible risque d’incontinence (5–7 %).
- Les fortes doses (50–100 unités) injectées en position médiane augmentent le taux de cicatrisation à 87 %, mais au prix d’un taux d’incontinence beaucoup plus élevé (18 %).
Conclusion : une dose modérée de toxine botulique offre le meilleur compromis entre efficacité et tolérance, tandis que les fortes doses exposent à un risque d’incontinence non négligeable.
Ileoanal pouch – cure for UC: Yes or No ?
Anastomose iléo-anale : guérison de la RCH ou illusion ?
Un débat très serré entre Y. Panis (France) et J. Davies (Royaume-Uni)
Pour l’AIA (Y. Panis)
Réalisée dans un centre expert, en deux ou trois temps et avec une résection mésorectale limitée, l’anastomose iléo-anale (AIA) est une chirurgie sûre, sans mortalité et peu compliquée.
Elle guérit environ 95 % des patients atteints de rectocolite hémorragique, prévient le risque de cancer colorectal et, sur 20 ans, fait mieux que le traitement médical en termes de coût et de qualité de vie.
Les résultats fonctionnels à long terme sont satisfaisants : 92,7 % des patients se disent satisfaits et recommanderaient l’intervention.
Contre l’AIA (J. Davies)
Environ 10 % des patients gardent une qualité de vie altérée, avec des symptômes proches d’une poussée de RCH (diarrhée, rectorragies, impériosités, incontinence).
L’AIA expose à des complications spécifiques : pochite, risque de néoplasie ou encore lymphome de la poche.
Une iléostomie définitive reste une alternative thérapeutique efficace, sans ces complications.
Conclusion
L’AIA offre une réelle possibilité de guérison, mais environ un patient sur dix présente des séquelles fonctionnelles lourdes à long terme.
La décision doit donc être partagée avec le patient ; le vote de l’assemblée a été très équilibré, avec un léger avantage en faveur de l’AIA.
Postoperative prophylactic treatment in CD for everyone (or very selective)
Faut-il instaurer un traitement prophylactique systématique après chirurgie dans la maladie de Crohn ?
Un débat animé entre M. Millan (Espagne) et K. Horisberger (Allemagne)
Ce débat a opposé deux visions de la prévention de la récidive postopératoire de la maladie de Crohn.
Pour une approche ciblée (M. Millan)
Les données récentes plaident contre un traitement prophylactique systématique après résection iléo-caecale.
Une large étude multicentrique (376 patients, suivi 3 ans) a montré que si la prophylaxie réduit les récidives endoscopiques, elle n’a pas d’impact significatif sur les récidives cliniques.
Chez les patients à faible risque (phénotype B1, >50 ans, non-fumeurs, résection limitée), une simple surveillance endoscopique suffit, tandis que le bénéfice est réservé aux patients à haut risque (≥3 facteurs ECCO).
D’autres études, comme POCRES et LIR!C, confirment que près d’un quart des patients restent en rémission durable sans jamais reprendre de traitement.
→ Conclusion : inutile de surtraiter — mieux vaut réserver la prophylaxie aux patients à haut risque.
Pour une prophylaxie systématique (K. Horisberger)
La récidive endoscopique est fréquente et souvent silencieuse, précédant la rechute clinique.
Selon l’ECCO, la présence d’un seul facteur de risque suffit à justifier un traitement.
Attendre la récidive expose à un risque d’immunisation et de perte d’efficacité lors de la réintroduction tardive d’un anti-TNF.
Comme il existe peu de véritables « faibles risques », traiter tous les patients est jugé plus sûr que de risquer une rechute sévère.
Verdict de l’assemblée
Le vote a tranché en faveur d’une stratégie sélective, avec prophylaxie réservée aux patients à haut risque, et simple surveillance endoscopique pour les autres.
O-FP 045: The incidence of rectal cancer after colectomy for inflammatory bowel disease
M. Deputy (UK)
Un risque de cancer rectal faible après colectomie subtotale pour MICI !
Cette étude nationale anglaise a inclus 8 120 patients opérés d’une colectomie subtotale entre 2002 et 2014.
Soixante et un cancers rectaux ont été diagnostiqués (0,8 %), avec une incidence cumulative estimée à 0,26 % à 5 ans, 0,49 % à 10 ans et 0,77 % à 15 ans.
Les principaux facteurs de risque identifiés étaient une dysplasie colique préalable, une cholangite sclérosante primitive et une colectomie programmée.
Ce travail, l’un des plus larges sur le sujet, suggère que le risque de cancer rectal après colectomie subtotale pour MICI est faible.
Chez les patients asymptomatiques et sans dysplasie, une proctectomie prophylactique ne doit donc pas être systématique, mais discutée au cas par cas dans une décision partagée.
O-FP 047: Ileorectal anastomosis after total colectomy is a valid surgical option in inflammatory bowel disease: Data from the ENEIDA Spanish IBD registry
I. Tapiolas (Espagne)
L’anastomose iléo-rectale : une vraie option dans les MICI, y compris la maladie de Crohn !
Cette étude du registre espagnol ENEIDA (GETECCU) a analysé 285 patients opérés d’une colectomie avec anastomose iléo-rectale (AIR), dont 126 pour RCH et 159 pour maladie de Crohn.
Les taux de proctectomie étaient comparables (≈18 %), mais l’iléostomie définitive était plus fréquente et plus précoce chez les patients Crohn (31,4 % vs 17,5 %, délai moyen 6,1 vs 10,4 ans).
L’intensification thérapeutique était également plus fréquente dans la MC (34 % vs 15,1 %), et 10 % des proctectomies étaient motivées par une dysplasie ou une néoplasie.
Réalisée dans des centres experts et chez des patients bien sélectionnés, l’AIR apparaît comme une alternative crédible à la proctectomie d’emblée, y compris dans la maladie de Crohn, et ne doit plus être considérée comme un simple compromis.
O-SB 007: Colon capsule endoscopy as a filter test vs default colonoscopy in colorectal cancer screening. A parallel group randomized controlled trial on adenoma and cancer detection rate in 10,122 individuals
U. Deding (Danemark)
Dépistage post-FIT positif : la capsule colique comme alternative partielle à la coloscopie !
Cet essai randomisé a comparé la coloscopie et la vidéocapsule endoscopique (VCE) chez 11 075 patients ayant un test FIT positif, issus d’une cohorte de près de 400 000 personnes dépistées.
Le taux global de détection des lésions coliques était comparable (24,2 % vs 22,8 %), avec une détection légèrement supérieure des adénomes avancés sous VCE (20,7 % vs 19 %), et un taux similaire de cancers colorectaux (3,5 % vs 3,8 %).
Cependant, 70 % des patients ayant eu une VCE ont ensuite nécessité une coloscopie complémentaire, contre seulement 30 % qui ont pu l’éviter.
La capsule colique pourrait représenter une alternative non invasive à la coloscopie chez certains patients post-FIT positif, mais son intérêt reste limité en raison du taux élevé de coloscopies secondaires nécessaires.