
Une journée dense placée sous le signe de la cancérologie colorectale et anale.
Le Tripartite Paris 2025 bat tous les records avec plus de 3000 congressistes venus du monde entier, et une présence française toujours aussi remarquée sur scène.
Nos reporters ont sélectionné pour vous quelques temps forts à ne pas manquer !

Interview du Dr Etienne Buscail, service de Chirurgie digestive – CHU de Toulouse
Biological mesh repair versus primary closure after abdominoperineal resection for rectal and anal cancer : Preliminary results of the GRECCAR 9 randomized controlled clinical trial
Résumé de l’interview : GRECCAR 9 : pas de bénéfice global de la prothèse biologique après amputation abdominopérinéale !
Le Pr Etienne Buscail a présenté les résultats préliminaires de l’étude contrôlée randomisée GRECCAR 9, qui comparait deux stratégies de fermeture du périnée après amputation abdominopérinéale pour cancer du rectum ou du canal anal.
Cette problématique revêt une importance cruciale en oncologie digestive, car la radiothérapie engendre une morbidité considérable au niveau de la cicatrisation périnéale. Selon les séries publiées, un patient sur deux développe des complications graves de cicatrisation, générant non seulement des surcoûts importants liés à la prise en charge des plaies périnéales, mais surtout des retards significatifs dans les séquences thérapeutiques adjuvantes, notamment la reprise de la chimiothérapie.
L’objectif de cette étude était d’identifier une stratégie reproductible et efficiente pour réduire ces complications périnéales. Si les lambeaux musculo-cutanés constituent une option thérapeutique, ils présentent des inconvénients majeurs à l’ère de la chirurgie mini-invasive et de la cœlioscopie, notamment l’ajout de cicatrices abdominales, la création de conflits au niveau des sites de trocarts et le risque de hernies de port.
Les résultats préliminaires de cette étude médico-économique, qui évalue également la durée opératoire et la qualité de vie, ne montrent pas de différence significative entre les deux stratégies de fermeture évaluées. Cependant, ces données restent préliminaires et nécessitent un recul plus important.
Le suivi à un an s’est achevé en avril 2025, et les investigateurs espèrent obtenir des résultats plus probants à trois ans, particulièrement concernant les hernies périnéales qui peuvent survenir plusieurs mois après la chirurgie. L’analyse médico-économique complète, incluant le coût du parcours patient depuis l’admission hospitalière jusqu’à la fin de l’étude, sera fournie par l’Assurance Maladie l’été prochain.
Cette étude souligne la complexité de la prise en charge périnéale après amputation abdominopérinéale et l’importance de développer des stratégies standardisées pour améliorer les résultats oncologiques et fonctionnels de ces patients.
Free Papers 5 (Oriented Cancer)
Salvage immunotherapy may be superior to abdominoperineal resection in node-positive anal squamous cell carcinoma with residual disease after chemoradiation
M. Sarkissyan, USA
L’immunothérapie prend l’avantage sur la chirurgie de rattrapage dans les récidives de carcinome anal !
Cette étude de cohorte rétrospective a comparé les patients avec carcinome épidermoïde de l’anus en rechute ayant reçu un traitement par immunothérapie (n=54) ou une amputation anopérinéale de rattrapage (n=202) entre 2016 et 2022. Il a été mis en évidence un avantage significatif en termes de survie globale à 3 ans (87% vs 62%, p=0,004). Les données de survie sans récidive ne sont pas disponibles, mais ces résultats font encore gagner du terrain à l’immunothérapie !!
Comparative long-term cost-analysis of laparoscopic, robot-assisted and transanal total mesorectal excision in rectal cancer patients: A population-based retrospective cohort in experienced centres
M. Broekman, Pays-Bas
Robot, TATME ou coelioscopie : des coûts finalement comparables pour la proctectomie avec TME !
Une étude multicentrique rétrospective holllandaise (MIRECA) ayant comparé les proctectomies avec TME pour cancer par voie coelioscopique (n=411), robotique (n=362) et trans-anale (TATME, n=185) entre 2015 et 2021, en termes de coûts.
Si la durée opératoire est plus longue avec le robot ou la TATME, le taux de stomie définitive est en revanche moins important (63 vs 48 vs 40%, p<0,05). Ceci explique que le coût global n’est finalement pas significativement différent entre les 3 groupes.
Seule l’analyse du sous-groupe de TME avec rétablissement de la continuité montre une augmentation de coût avec le robot.
Identification of pelvic constraints associated with laparoscopic rectal stapling failure: The contribution of 3D volumetry and pelvimetry
E. Duchalais, France
Agrafage rectal : quand morphotype et facteurs cliniques prédisent l’échec !
Réaliser un agrafage rectal peut parfois être difficile ! Des facteurs prédictifs indépendants d’échec de l’agrafage ont été identifiés dans ce travail français : le surpoids/obésité, la dépendance alcoolique, la distance inter-ischiatique ≤ 9,5cm et le volume du rectum ≥ 174 mm3. Lorsque le patient cumule ces facteurs, le risque d’échec de l’agrafage est majeur. Reste à savoir comment contrer cette difficulté (mini-laparotomie, pas d’agrafage et anastomose colo-anale, anastomose TTSS par exemple).
The Six Best: Cancer
Low-dose aspirin reduced recurrence rate in PI3K-Altered early-stage colorectal cancer – Results from the ALASCCA Trial
A. Martling, Suède
ALASCCA : l’aspirine améliore la survie sans maladie dans les cancers colorectaux PI3K mutés !
L’essai ALASCCA a randomisé l’aspirine 160mg vs placebo chez les patients avec un cancer colorectal non métastatique PI3K muté dans 33 hôpitaux d’Europe du Nord.
Le taux de récidive est significativement amélioré avec l’aspirine, et la survie sans maladie également à 3 ans (88.8 vs 80,1%, p=0,003). Cette différence semble être plus marquée en cas de cancer rectal (pa rapport à colique).
STAR-TREC (NCT02945566): An international randomised phase II/III trial of LCCRT versus SCRT for organ preservation in early and intermediate stage rectal cancer
SP. Bach, UK
Conserver le rectum plutôt que le réséquer : un objectif de plus en plus atteignable !
La prise en charge du cancer du rectum a profondément évolué ces dernières années avec l’émergence du traitement néoadjuvant total et l’espoir de préserver l’organe.
Cet essai randomisé américain a comparé une radio(chimio)thérapie long course à une short course chez des patients avec adénocarcinome rectal mrT1-3abN0, avec comme objectif principal le taux de conservation d’organe à 30 mois.
Les résultats à 1 an montrent une conservation d’organe significativement plus élevée avec la long course (74 % vs 59 %), sans différence entre les deux groupes en termes de survie sans maladie, sans métastase ni globale.
Même si le suivi est encore court, il s’agit du premier essai comparant directement ces deux stratégies, ouvrant la voie à une approche de plus en plus conservatrice.
ESCP Keynotes
The Lars Påhlman Lecture: Changes in management of rectal cancer, how surgeons should adapt
P. Rouanet, France
Du passé mutilant à l’avenir biologique : la prise en charge du cancer du rectum en pleine mutation !
Une remarquable conférence est revenue sur l’évolution de la chirurgie du rectum, des amputations anopérinéales du début du XXe siècle à la résection intersphinctérienne, jusqu’au traitement néoadjuvant total et à la robotique.
Les résultats de l’étude multicentrique RESET, comparant les proctectomies avec TME par coelioscopie, robot, voie ouverte et TATME chez des patients à risque (obésité, pelvis étroit, CRM < 1, anastomose basse), ont été présentés : aucun écart significatif sur les marges CRM négatives, sauf en chirurgie ouverte (53 % vs 67–77 % pour les autres approches).
Pour le Pr Rouanet, l’avenir de cette chirurgie sera porté par la biologie tumorale… et de nouvelles révolutions sont à prévoir.
Elevator Pitch IV
Colovac 2 for protection of high-risk colorectal anastomoses : Preliminary results of a prospective study
J. Lefevre, et al., France
Colovac2 : une alternative prometteuse à la stomie de protection !
L’étude prospective SAFE-2023 rapporte les premiers résultats de Colovac2, un dispositif de dérivation endoluminale temporaire visant à éviter la réalisation d’une stomie de protection après résection antérieure basse du rectum.
Chez 16 patients, le dispositif a été retiré au 9e jour post-opératoire : 81 % sont restés sans stomie à 1 mois, avec 3 cas de fistule anastomotique (2 asymptomatiques, 1 symptomatique).
La tolérance a été jugée bonne et le retrait facile dans 88 % des cas, sans contamination anastomotique observée à l’ablation.
Ces résultats préliminaires suggèrent que Colovac2 pourrait devenir une alternative mini-invasive à la stomie de protection, sous réserve d’une évaluation sur de plus larges cohortes.
Proctology e-posters session
P 0503 – Surgical treatment of hemorrhoidal disease in inflammatory bowel disease: Results from the HEAD-IBD multicentre cohort study
U. Grossi, et al., Italie
Hémorroïdes et MICI : le risque là où on ne l’attendait pas, chez les RCH, pas chez les Crohn !
L’étude HEAD-IBD, plus grande série européenne sur le sujet, rapporte des complications uniquement chez les patients RCH (14 %), et aucune chez les patients Crohn, opérés de maladie hémorroïdaire entre 2004 et 2024.
Ces résultats sont surprenants, alors qu’un risque plus élevé aurait pu être attendu chez les Crohn.
L’étude reste toutefois très critiquable : aucune donnée sur les lésions anopérinéales, les critères de sélection ou le statut de rémission, ce qui limite fortement l’interprétation des résultats.
Elle souligne néanmoins la nécessité d’une évaluation gastroentérologique préopératoire stricte et d’une décision partagée.
P 0522 – RAND-UCLA appropriateness study to establish expert consensus for the management of perianal pouch fistulas
L. Reza, et al., UK
Fistules de réservoir : enfin un consensus international !
Une étude RAND/UCLA a permis d’établir un consensus d’experts à partir de 24 scénarios cliniques issus d’une revue systématique, évalués par 7 chirurgiens colorectaux et 2 gastroentérologues internationaux.
À la présentation initiale, l’imagerie du grêle, l’IRM, l’examen sous anesthésie (EUA) et la pouchoscopie étaient jugés appropriés, alors que le pouchogramme n’était indiqué qu’en cas de dégradation de la fonction du réservoir.
En présence de collections pelviennes, le contrôle de l’infection (antibiotiques, drainage, séton lâche, réparation différée) était recommandé, tandis que l’immunosuppression était jugée inappropriée.
Les biothérapies n’étaient indiquées qu’en cas de composante inflammatoire.
Les trajets bas sur réservoir bien fonctionnel relèvaient d’une réparation locale en plusieurs temps.
Les « cutting » sétons étaient unanimement jugés inappropriés.
Une iléostomie de dérivation ou une exérèse de réservoir était préférée à une chirurgie de reconstruction dans les fistules complexes ou anciennes avec réservoir peu fonctionnel.
Il s’agit de la première étude proposant des stratégies de prise en charge des fistules de réservoir, établies sur une méthodologie RAND validée et un consensus d’experts internationaux.
P 0850 – Detecting anal interepithelial neoplasm during routine colonoscopy: Can it be translated to routine practice? Single institution experience
M. Abudulaziz Aleissa, et al., Arabie Saoudite, USA
L’anus, le grand oublié de la coloscopie !
Cette étude rétrospective menée sur 2 000 coloscopies de dépistage a montré que 1 % des patients présentaient une néoplasie intraépithéliale anale (AIN), dont plus d’un tiers étaient de haut grade, majoritairement chez des patients immunocompétents.
Les lésions ont été détectées grâce à une inspection systématique de l’anus en rétrovision avec chromoendoscopie virtuelle (NBI) et biopsies ciblées.
Ces résultats rappellent l’importance de ne pas négliger l’examen de l’anus lors de la coloscopie, une étape souvent oubliée car peu familière des gastroentérologues.
Il s’agit ici d’un dépistage opportuniste, qui ne concerne pas les patients à haut risque de cancer anal (VIH, HSH), pour lesquels la coloscopie n’a pas de place dans cette indication.
P 0852 – Autologous adipose tissue injection as treatment for ileoanal pouch-related fistulae
H. Alqaisi, et al., Danemark
Pouch-related fistulae : la piste prometteuse du tissu adipeux !
Cette étude prospective a évalué l’injection de tissu adipeux autologue (ITAU) chez 21 patients porteurs de fistules anales sur réservoir iléo-anal.
Après une seule injection, 48 % des fistules étaient guéries cliniquement, et jusqu’à 69 % après réinjections, avec un contrôle symptomatique global de 83 %.
Les complications ont été rares (2 abcès postopératoires).
L’ITAU apparaît ainsi comme une option mini-invasive, conservatrice et efficace, qui pourrait représenter une alternative aux approches chirurgicales plus lourdes.
P 0854 – Botulinum therapy as an outpatient treatment method for chronic anal fissure: Reducing the need for surgery
M. Arzumanian, et al., Arménie
Fissure anale : la toxine botulique confirme son efficacité, mais reste hors cadre…
De plus en plus d’études soutiennent l’intérêt de l’injection de toxine botulique dans la fissure anale chronique, mais son usage reste freiné par l’absence de remboursement (acte hors nomenclature) et le manque de standardisation des indications, des doses et de la technique.
Dans cet essai randomisé mené en Arménie chez 140 patients résistants au traitement médical, l’injection de 40 UI de toxine botulique dans le sphincter interne a permis une guérison dans 95,7 % des cas à 8 semaines, contre 54 % sous traitement conservateur, avec une baisse rapide de la douleur et un taux de récidive réduit (11 % vs 29 % à 6 mois).
Aucun effet indésirable (incontinence ou inconfort anal) n’a été rapporté.
Ces résultats confirment l’efficacité et la sécurité de cette approche mini-invasive, qui pourrait représenter une alternative à la chirurgie, sous réserve d’un encadrement et d’une reconnaissance réglementaire.
P 0857 – Outcomes of LIFT surgery for complex anal fistulas: A 10-year single-centre retrospective cohort study
T. Basto, et al.,Portugal
LIFT : des résultats encourageants, mais encore trop d’incertitudes !
Cette étude rétrospective monocentrique, menée chez 104 patients avec un suivi médian de 9 mois, rapporte un taux de cicatrisation de 78,9 % après ligature du trajet intersphinctérien (LIFT).
Cependant, 41,3 % des patients présentaient une persistance ou une récidive, sans lien identifié avec les antibiotiques périopératoires ou les antécédents chirurgicaux.
Malgré le nombre de patients inclus, l’étude présente plusieurs limites majeures : caractère rétrospectif, suivi court, absence de données sur la continence anale et manque de critères de sélection précis.
Ces résultats confirment que le LIFT reste une option intéressante, mais la technique de référence dans le traitement des fistules anales n’est toujours pas définie.
P 0858 – Refining hemorrhoid surgery: A single-team, 10-year experience with THD
P. Bhatia, et al., UK
THD : 10 ans de suivi pour une technique désormais bien installée !
Cette vaste étude monocentrique rapporte les résultats de 450 patients opérés par THD pour hémorroïdes symptomatiques (grades II à IV) avec un suivi de 10 ans.
Aucune complication majeure ni incontinence n’a été rapportée, les effets secondaires précoces étant rares et bénins. Le taux de récidive atteignait 10 %, dont 90 % ont été pris en charge par une nouvelle procédure THD.
Ce gros volume de patients et ce suivi particulièrement long confirment que la THD est une option sûre, efficace et moins douloureuse que l’hémorroïdectomie, avec un retour rapide aux activités.
Elle apparaît ainsi comme une alternative crédible à la chirurgie classique, notamment chez les patients porteurs de prolapsus muqueux associé.
P 0859 – Resection of high grade anal intraepithelial neoplasia (HSIL) – Do we need to achieve clear margins?
S. Bock, et al., Suisse
HSIL : inutile de viser la résection large !
Cette étude rétrospective a comparé les résultats de résections complètes (R0) et incomplètes (R1) chez 29 patients opérés d’une HSIL entre 2012 et 2018, avec un suivi médian long (82 mois).
Paradoxalement, les récidives ont été plus fréquentes après R0 (54 %) qu’après R1 (aucune récidive).
Ces données suggèrent qu’une chirurgie trop radicale n’améliore pas le pronostic et peut majorer la morbidité locale, alors que les lésions peuvent récidiver à distance voire régresser spontanément.
Un suivi rapproché par anuscopie haute résolution semble plus pertinent qu’une escalade chirurgicale.
P 0865 – Mapping recurrences of pilonidal cyst: A comparative study of recurrence after laser and radical excision surgery
B. Darnis, et al., France
Sinus pilonidal : récidives post-excision, des lésions plus complexes !
Cette étude rétrospective a analysé 348 récidives de kystes pilonidaux entre 2019 et 2024 : 248 après excision radicale et 82 après laser.
Les récidives post-laser gardaient une topographie classique et pouvaient être reprises par la même approche mini-invasive.
À l’inverse, les récidives post-excision présentaient fréquemment de larges cavités sous-cutanées (>1 cm), des ulcérations inter-fessières basses et des trajets fistuleux hauts, rendant la prise en charge plus complexe.
Les auteurs proposent de développer une nouvelle classification des récidives cavitaires pour guider leur traitement.
P 0867 – Prevalence of hidradenitis suppurativa in patients with pilonidal sinus disease
B. Darnis, et al., France
Hidradénite suppurée : penser au dépistage chez les patients avec sinus pilonidal !
Cette étude prospective transversale menée chez 146 patients atteints de sinus pilonidal montre qu’8,2 % présentaient également une hidradénite suppurée (HS), soit une prévalence bien plus élevée que dans la population générale (≈1 %).
Les patients atteints d’HS étaient jeunes (âge moyen 25 ans) et présentaient pour la plupart des formes débutantes (Hurley I).
Ces résultats suggèrent que le sinus pilonidal pourrait constituer un facteur de risque d’HS, et qu’il représente une sous-population cible pertinente pour le dépistage précoce de cette maladie inflammatoire chronique.
P 0871 – Early outcomes of combined human amniotic membrane and exosome therapy in the treatment of complex anal fistulas: A prospective case series
L. Demirli Atici, et al., Turquie
Les fistules anales complexes : l’essor continu mais prudent de la thérapie régénérative…
L’engouement se poursuit autour des approches régénératives : cette étude pilote a évalué la combinaison de membrane amniotique humaine (HAM) et d’exosomes chez 7 patients porteurs de fistules anales complexes.
À 2 mois de suivi médian, 86 % étaient cicatrisés cliniquement, sans complication ni infection rapportée, et avec une satisfaction élevée des patients.
Ces résultats restent toutefois très préliminaires et s’accompagnent de nombreux défis pratiques, éthiques et logistiques : approvisionnement en HAM, circuits de préparation et de conservation, et surtout faisabilité dans la pratique courante.
Des études de plus grande ampleur et avec un suivi prolongé seront indispensables avant toute diffusion de cette approche.
P 0874 – Radiofrequency (Fistura®) for the treatment of infected pilonidal sinus: Results of a French prospective pilot study
N. Fathallah, et al., France
Sinus pilonidal infecté : la radiofréquence fait ses premiers pas !
Cette étude pilote prospective monocentrique a évalué l’utilisation de la radiofréquence (Fistura®) chez 44 patients atteints de sinus pilonidal infecté dont 1/3 a déjà été opéré par laser ou par exérèse à ciel ouvert.
Le geste, réalisé en ambulatoire en 12 minutes en moyenne, a été bien toléré : aucune complication majeure, douleur faible et brève, sans recours aux opioïdes.
À 6 mois, le taux de cicatrisation atteignait 77 %, avec 9 % de récidives et 14 % d’échecs, plus fréquents en cas d’antécédents chirurgicaux.
La satisfaction était élevée (91 % prêts à recommander ou refaire l’intervention).
Ces résultats suggèrent que la radiofréquence pourrait devenir une alternative mini-invasive prometteuse, sous réserve de validation par des études comparatives de plus grande ampleur.
P 0881 – Effectiveness of laser ablation in minimally invasive treatment of pilonidal sinus
K. Gasimova, Azerbaïdjan
Sinus pilonidal : une étude de plus qui confirme la place du laser !
Cette étude allemande menée chez 69 patients rapporte un taux de cicatrisation de 97 %, seulement 2,9 % de récidives, une douleur postopératoire minimale et un retour aux activités en 6 jours en moyenne après traitement laser en trois temps du sinus pilonidal.
Une étude de plus qui confirme la bonne place du laser dans le traitement mini-invasif du sinus pilonidal, avec des suites simples et une satisfaction élevée des patients.
P 0891 – SphinKeeper TM: A systematic review of the outcomes of this novel technique
Rezaul K, et al., UK
Incontinence anale : le SphinKeeper, une option mini-invasive encore marginale en France !
Cette revue systématique a compilé 8 études regroupant 161 patients (âge médian 52–75 ans) traités par implants SphinKeeper™ pour incontinence anale passive ou mixte réfractaire.
Une amélioration clinique était systématiquement rapportée, avec une baisse des scores d’incontinence de 3 à 12 points et un gain de qualité de vie dans plusieurs études. Le contrôle des symptômes était durable (suivi moyen 22 mois), notamment chez les patients présentant un déficit du sphincter interne.
Cependant, la technique reste peu diffusée en France en raison de son coût élevé et de l’absence de remboursement, malgré des alternatives mini-invasives encore limitées pour cette indication.
Des essais randomisés restent nécessaires pour confirmer son efficacité à long terme et affiner les critères de sélection.
P 0905 – Feasibility of delivering radiofrequency treatment for haemorrhoids in the outpatient setting: Our initial experience
A. Rajendiran, et al., UK
La radiofréquence hémorroïdaire s’installe en ambulatoire au Royaume-Uni !
Cette étude prospective est la première à évaluer la technique RAFAELO pour hémorroïdes de grades 2–3 en consultation, sous simple anesthésie locale, incluant même des patients ASA 3/4 ou sous anticoagulants.
Parmi 53 patients, 62 % ont obtenu une disparition des symptômes après une seule séance, même si 43 % ont présenté une récidive et 11 % ont finalement eu recours à une chirurgie définitive.
La radiofréquence apparaît ainsi comme une option mini-invasive intermédiaire entre la ligature élastique et la chirurgie, désormais accessible en ambulatoire au Royaume-Uni, ce qui pourrait en faciliter la diffusion.
P 0908 – Combined laser hemorrhoidoplasty (LHP) and mucopexy for grade IV piles: Is it the way forward?
A. Bin Saeed, Pakistan
Combiner LHP et mucopexie : des promesses, mais aussi des complications…
Cette étude menée chez 193 patients porteurs d’hémorroïdes grade IV a évalué l’association hémorroïdoplastie laser (LHP) et mucopexie.
Le taux de résolution complète des symptômes atteignait 85,5 % avec un temps opératoire court (19 minutes en moyenne), mais au prix d’un taux non négligeable de complications (32 % des patients guéris), incluant saignements secondaires, suintements transitoires et douleurs.
Cette approche mini-invasive pourrait représenter une alternative à l’hémorroïdectomie classique chez des patients sélectionnés, sous réserve d’une grande rigueur technique et d’une évaluation plus large.
P 1025 – Regenerative fistula treatment with platelet-rich fibrin glue as a treatment for complex anal fistulae: A 3-year experience in a Tertiary centre
A. Lusilla Lopez, et al., Suède
Le PRP fait son chemin en proctologie, notamment dans les fistules complexes !
Cette étude rétrospective suédoise rapporte 3 années d’expérience du traitement régénératif par colle de fibrine plaquettaire (Obsidian®) chez 213 patients porteurs de fistules anales complexes, dont 32 associées à la maladie de Crohn.
Le taux de cicatrisation atteignait 31 % après une seule procédure, et 43 % après une seconde, sans complication majeure.
Les résultats étaient similaires entre fistules cryptoglandulaires et fistules de Crohn, mais les cavités profondes constituaient un facteur d’échec.
Le PRP pourrait ainsi contribuer à l’oblitération des trajets secondaires, mais son efficacité reste limitée en cas de cavitation, soulignant la nécessité d’optimiser la sélection des patients.