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Crohn sans Crohn ? Le casse-tête des fistules ano-périnéales isolées…

Isolated perianal Crohn’s disease: a systematic review and expert consensus proposing novel diagnostic criteria and management advice

Hanna LN, Munster LJ, Joshi S, Wendelien van der Bilt JD, Buskens CJ, Hart A, Tozer P; TOpClass Collaborators.

Lancet Gastroenterol Hepatol. 2025 Aug;10(8):757-768.

Mots clés

Crohn, Fistule, Diagnostic

Appréciation

Jusqu’à peu de temps, les fistules ano-périnéales de la maladie de Crohn sans atteinte luminale digestive apparente relevaient du casse-tête diagnostique. Mal connues, souvent inaugurales mais parfois strictement localisées, ces formes dites « isolées » de la maladie de Crohn posaient et posent toujours un dilemme : faut-il ou non envisager un traitement par thérapie avancée, en l’absence de lésion (preuve) luminale ?

Le consortium TOpClass (Treatment Optimization and Classification of Perianal Crohn’s Disease) a décidé de trancher, ou du moins d’éclairer le débat.

Leur méthode : une revue systématique de la littérature (une trentaine d’études), suivie d’un long processus de consensus multidisciplinaire réunissant une quarantaine d’experts (gastroentérologues, chirurgiens, radiologues).

Le résultat : une grille inédite, combinant des critères diagnostiques indépendants et un score composite de critères majeurs et mineurs, qui est résumée dans ce tableau tiré du manuscrit :

Ce score composite permet, pour la première fois, de poser un diagnostic de « maladie de Crohn fistuleuse ano-périnéale isolée ». Et donc, de justifier plus sereinement la mise en route d’un traitement anti-TNF, y compris donc en l’absence d’atteinte luminale digestive.

Attention : ces critères restent à valider par des cohortes prospectives plus larges. En effet, la littérature sur le sujet est pauvre et le consensus s’est construit sur un seuil de 70 % d’accord. De surcroît, des interrogations demeurent, notamment en cas d’échec thérapeutique : on persiste et signe, ou on remet le diagnostic en doute ?

Reste que cette approche marque un tournant important pour une entité mal connue et longtemps négligée mais dont on parle de plus en plus. Le grand Jean Bernard (1907 – 2006) aurait dit : « La médecine avance, mais le malade reste un mystère ». Est-ce bien de lui ? Peu importe, c’est vrai !

À suivre…